appropriation

1. appropriation [ aprɔprijasjɔ̃ ] n. f.
XIVe; bas lat. appropriatio
1Didact. Action d'approprier, de rendre propre à un usage, à une destination. adaptation. « Ce qui fait un chef-d'œuvre c'est une appropriation ou un appariement heureux entre le sujet et l'auteur » (A. Gide).
2Dr. Action de s'approprier une chose, d'en faire sa propriété. Les choses sans maître sont susceptibles, par nature, d'appropriation. Appropriation par expropriation, par nationalisation ( acquisition) . Appropriation par occupation. occupation, prise, saisie. Appropriation par violence ou par ruse. conquête, usurpation, 2. vol.
⊗ CONTR. Inadaptation. Abandon, aliénation. appropriation 2. appropriation [ aprɔprijasjɔ̃ ] n. f.
• 1866; lat. proprius « propre »
Vx ou région. (Belgique) Nettoyage.

appropriation nom féminin (bas latin appropriatio) Action d'approprier quelque chose à quelque chose d'autre, d'être approprié à. Action de s'approprier quelque chose : L'appropriation des moyens de production par une minorité.appropriation (citations) nom féminin (bas latin appropriatio) Alain René Lesage Sarzeau 1668-Boulogne-sur-Mer 1747 Tous les hommes aiment à s'approprier le bien d'autrui ; c'est un sentiment général ; la manière seule de le faire est différente. Histoire de Gil Blas de Santillane appropriation (synonymes) nom féminin (bas latin appropriatio) Action d'approprier quelque chose à quelque chose d'autre, d'être approprié à.
Synonymes :
Contraires :
Action de s' approprier quelque chose
Synonymes :
Contraires :
- aliénation
- désappropriation

appropriation
n. f.
d1./d Action d'approprier, de rendre propre à une utilisation. L'appropriation d'une terre à la culture maraîchère.
d2./d Action de s'attribuer qqch, d'en devenir propriétaire. L'appropriation d'une maison.

⇒APPROPRIATION, subst. fém.
A.— [L'idée dominante est celle d'adaptation] Action d'adapter quelque chose à un usage déterminé.
1. Vx. Action de rendre propre. Appropriation d'une chambre.
Rem. Emploi attesté ds Lar. 19e et Nouv. Lar. ill. qui notent qu'il est peu usité.
2. [Suivi d'un compl. d'obj. second. introd. par à] Action d'approprier, d'adapter quelque chose à une destination précise :
1. Reculez donc tant que vous le voudrez et élargissez l'horizon; remontez aux antiquités, aux origines (...) mais que, par quelque endroit essentiel, par quelque courant principal de l'inspiration, il y ait nouveauté, et application, appropriation des choses passées au temps présent, à l'âge du monde où vous êtes venu...
SAINTE-BEUVE, Étude sur Virgile, 1857, p. 82.
2. Le roman de Grecque [par Juliette Lamber] observe avec le plus grand soin la forme antique et offre une intéressante tentative d'appropriation du style homérique à un récit moderne.
LEMAÎTRE, Les Contemporains, 1885, p. 153.
Rem. Appropriation est souvent suivi d'un subst. introd. par de qui serait le compl. d'obj. dir. du verbe correspondant.
[Sans compl. second. exprimé] :
3. ... on le vit travailler à meubler, tapisser et aménager sa demeure. On admira l'appropriation des tentures et la commodité de chaque objet.
GIDE, Le Prométhée mal enchaîné, 1899, p. 337.
P. ext. Convenance :
4. Ce qui fait un chef-d'œuvre, c'est une appropriation ou un appariement heureux entre le sujet et l'auteur.
GIDE, Journal, 1905, p. 178.
Spéc., ZOOTECHNIE. ,,L'art d'adapter, de rendre les races d'animaux domestiques propres à une destination bien définie`` (E. GAYOT ds GUÉRIN 1892) :
5. Le moment où le transport par animaux se substitue au transport par hommes, est décisif dans l'évolution des sociétés. La charrue, le chariot supposent l'emploi de la force animale. Il n'y a aucune raison de croire, — tout au contraire, — que l'appropriation de certains animaux à nos besoins de culture et de transport ait été l'œuvre d'une seule et même contrée particulière.
VIDAL DE LA BLACHE, Principes de géogr. humaine, 1921, p. 287.
B.— [L'idée dominante est celle de propriété]
1. [Avec un compl. prép. de indiquant l'obj. de l'appropriation] Action de s'approprier une chose, d'en faire sa propriété :
6. Pour d'autres encore, les conflits de classes imposeront la relève des bourgeoisies et mettront un terme à l'appropriation privée des moyens de production.
F. PERROUX, L'Écon. du XXe s., 1964, p. 337.
Spéc. Acte de l'esprit qui s'approprie, qui fait siennes les connaissances qu'il acquiert. Synon. assimilation :
7. Il n'y a pas chez lui la fantaisie abracadabrante d'un poète haschiché ou la retrouvaille psychologique d'un voyant dans les humanités mortes. En un mot, il n'y a pas d'invention personnelle, mais une appropriation intelligente, réfléchie.
E. et J. DE GONCOURT, Journal, 1871, p. 845.
2. [En parlant d'une chose] Fait qu'une chose devient ou est devenue propriété de quelqu'un :
8. Parmi les agens naturels, les uns sont susceptibles d'appropriation, c'est-à-dire de devenir la propriété de ceux qui s'en emparent, comme un champ, un cours d'eau;...
SAY, Traité d'écon. pol., 1832, p. 74.
P. ext. Chose qu'on s'est appropriée :
9. ... les réserves, les secrets, c'est comme toute appropriation : arrive un moment où ça n'a plus de sens... Il faut bien qu'on parte dépouillé et nu...
MALÈGUE, Augustin, t. 2, 1933, p. 458.
PRONONC. :[].
ÉTYMOL. ET HIST. — 1. XIVe s. apropriacion « action naturelle par laquelle les aliments pénètrent dans l'organisme » (Somme Maître Gautier, f° 37 r° ds GDF. Compl. : Apropriacion de digestion), attest. isolée; spéc. 1762 chim. (Ac. : Appropriation ... est l'état où sont mis deux corps qui ne peuvent s'unir ensemble que par le concours d'un troisième corps, qui dispose les deux premiers à s'unir); 2. 1521 rhét. « adaptation, transposition de mots » (FABRI, Rhet., 1. II, f° 45 r° ds GDF. Compl. : Malle appropriation de termes), repris en 1826 par MOZIN-BIBER; 3. 1636 « action de s'attribuer des biens » (MONET, Invantaire des deux lang. fr. et lat.); 1690 (FUR. : Appropriation ... Action par laquelle on s'approprie. Les ambitieux et les avares ne cherchent qu'à se faire l'appropriation du bien d'autruy); 1751 dr. eccl. (Encyclop.); 4. 1866 « action de rendre propre, net » (Lar. 19e : L'appropriation de mon cabinet ne m'a pas demandé moins de deux heures).
1. empr. au b. lat. appropriatio, terme méd. « assimilation par l'organisme » (Ve s. CAELIUS AURELIANUS, Chron., 2, 13, 151 ds TLL s.v., 316, 51); 3 empr. au lat. médiév. de même sens (1253 Chartae Pommeranenses, A, I, 490 ds Mittellat. W. s.v., 819, 10); 2 et 4 par attraction de l'adj. propre, respectivement au sens de « qui convient à » et de « net ».
STAT. — Fréq. abs. littér. :125.
BBG. — BÉL. 1957. — BIROU 1966. — BOUYER 1963. — Canada 1930. — CHESN. 1857. — DUL. 1968. — Éd. 1913. — Foi t. 1 1968. — LAL. 1968. — NYSTEN 1814. — ROMEUF t. 1 1956.

1. appropriation [apʀɔpʀijɑsjɔ̃] n. f.
ÉTYM. XIVe; du bas lat. appropriatio, de appropriare. → Approprier.
1 Didact. Action d'approprier, de rendre propre à un usage, à une destination; état de ce qui est adapté à qqch. Adaptation. || L'appropriation d'un local au service des malades. || L'appropriation du style au sujet. Accord, adaptation, appariement (cit.), convenance.
0.1 Il avait ce charme d'un accord juste qui satisfait pleinement l'oreille, d'une église italienne qui n'est ni mesquine ni excessive, où la beauté résulte de la parfaite appropriation de toutes les parties à leur destination.
Proust, Jean Santeuil, Pl., p. 411.
Sans compl. en à. || L'appropriation du style, sa convenance.
1 Ici encore l'art est supérieur à la nature, car, par ce choix, cette transformation et cette appropriation du style, le personnage imaginaire parle mieux et plus conformément à son caractère que le personnage réel.
Taine, Philosophie de l'art, t. II, V, 4, 2.
1.1 (…) son ingéniosité naturelle lui proposant d'autres emplois, on le vit travailler à meubler, tapisser et aménager sa demeure. On admira l'appropriation des tentures et la commodité de chaque objet.
Gide, le Prométhée mal enchaîné, in Romans, Pl., p. 337.
2 (1636). Dr. Action de s'approprier (qqch.), de faire de (qqch.) sa propriété. Acquisition. || L'appropriation de qqch. par qqn. || Les choses communes, comme l'air, la mer, etc., échappent à toute appropriation exclusive, privée ou même publique. || Les choses sans maître sont susceptibles, par nature, d'appropriation, mais n'appartiennent en fait à personne. || Appropriation par occupation. Occupation, prise, saisie. || Appropriation par violence ou par ruse. Conquête, usurpation, vol.
2 (L'appropriation est un) acte par lequel on se saisit, pour en faire sa propriété individuelle, de ce qui n'appartenait à personne ou à tout le monde.
Lalande, Voc. de la philosophie.
3 Que faut-il entendre par là (« La propriété c'est le vol ») ? Que Proudhon considère toute propriété comme le produit d'un vol ? Qu'il condamne l'appropriation en elle-même, le fait seul de la possession ? Mais point du tout !
Gide et Rist, Hist. des doctrines économiques, 5e éd., p. 343.
4 Malgré un adage célèbre, l'appropriation n'est pas un vol, car voler c'est s'approprier ce qui était la propriété d'un autre; l'appropriation consiste à conquérir ce qui n'était la propriété de personne; c'est presque toujours un travail pénible, dangereux, héroïque même et bienfaisant pour la postérité.
Goblot, in Lalande, Voc. philosophique.
CONTR. Inadaptation. — Abandon, aliénation, désappropriation, dessaisissement, renonciation.
DÉR. V. Appropriatif.
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2. appropriation [apʀɔpʀijɑsjɔ̃] n. f.
ÉTYM. 1866; du lat. proprius « propre ».
Vx ou régional (notamment Belgique). Nettoyage.
REM. On rencontre dans l'usage littér. appropriement, n. m. (1339 en dr.), au sens de « mise en état de propreté » (Goncourt, 1882).

Encyclopédie Universelle. 2012.

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